CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE


Evêque:
épiscope = surveillant. Dignitaire de l'église qui a la responsabilité d'un diocèse .
Autrefois, élu par le peuple, puis par le peuple et les clercs, ensuite choisi par les princes, les rois, actuellement choisi par le pape, la curie romaine avec l'accord du gouvernement pour la France. ( canons 375 à 474 )
Au XVII siècle, on les appela: Monseigneur, au XIX sa Grandeur, actuellement Excellence ou Monseigneur.
"Il appartient à l'évêque diocésain de gouverner l'église particulière qui lui est confiée avec pouvoir législatif,exécutif et judiciaire, selon le droit." ( canon n° 391 )

49e Assemblée plénière des évêques de France - Lourdes, 3 - 8 novembre 2009

La charité du Christ nous presse (2 Co 5, 14)

Déclaration des évêques de France avant Noël

À la fin de l'Assemblée plénière, les évêques ont adressé un message aux chrétiens à l'approche de Noël. Inspiré des travaux du groupe d'études sur les nouvelles pauvretés et des campagnes menées par les mouvements de solidarité pour incarner de « nouveaux modes de vie », l'appel invite à « vivre Noël autrement ».

Texte de la Conférence des évêques de France

L'apôtre Pierre, avant de baptiser le centurion Corneille, lui présente d'un mot Jésus de Nazareth : « Il passait en faisant le bien » (Ac 10, 38). Le premier, Jésus est le Bon Samaritain qui « s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands » (cf. Lc 10, 36).

Disciples du Christ, nous sommes davantage pressés par sa charité, en ce temps de crise économique et sociale. Les pauvretés d'aujourd'hui sont peut-être moins nouvelles que radicales par suite de la détérioration fréquente du tissu familial, l'insuffisance des logements, l'augmentation du chômage, la dégradation du prix de vente des produits agricoles. Dureté des conditions de travail, solitudes, addictions, fragilités psychiques, relationnelles ou culturelles accentuent chez beaucoup le sentiment d'exclusion.

Communautés chrétiennes, c'est à vous que nous adressons cette lettre. Nous connaissons les multiples générosités qui sont les vôtres. Nous savons la compétence et la créativité des associations caritatives que vous ne cessez de soutenir, surtout en cette période où les aides publiques diminuent. À l'approche de Noël, nous vous lançons un appel afin de vous encourager à ressourcer tout effort de solidarité dans le mystère du Fils de Dieu, né de Marie, qui « s'est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté » (2 Co 8, 9).

Non seulement, « le Verbe s'est fait chair » (Jn 1, 14), mais dans l'Eucharistie, il est le « Pain rompu pour la vie du monde ». Quand nous nous rassemblons, chaque dimanche, pour célébrer le Repas du Seigneur, nous sommes appelés, comme le dit l'apôtre Paul, à « discerner son Corps » (1 Co 11, 29), c'est-à-dire sa présence dans l'Eucharistie et sa présence dans tous ses membres, surtout les plus souffrants, ceux qui ont faim, ceux dont la dignité est menacée.

Toute communauté chrétienne vise à exercer dans la mesure des dons de l'Esprit le ministère de la prière (liturgie), le ministère de la Parole (catéchèse) et le ministère du service des pauvres (diaconie). Les diacres sont les témoins sacramentels de Jésus lavant les pieds de ses Apôtres. Mais tous nous sommes appelés à mettre cette « diaconie » au cœur de notre action : « Car c'est un exemple que je vous ai donné… » (Jn 13, 15)

Soyons attentifs à ceux qui, parmi nous, ne peuvent plus se joindre au rassemblement dominical parce qu'ils sont malades ou malheureux. Et pourquoi ne pas préparer ou prolonger la célébration eucharistique par un « ministère de la visite » auprès des isolés ou des voisins dont la pauvreté muette a besoin d'un geste fraternel ?

Nous aurons alors la surprise, bien souvent, d'être nous-mêmes renouvelés dans notre joie de croire.

Nous lançons cet appel pour Noël. Mais c'est une porte ouverte sur l'avenir. C'est pourquoi nous le confions spécialement aux pasteurs, aux équipes pastorales, aux conseils pastoraux et aux organismes de solidarité, afin qu'ils le fassent leur et proposent des initiatives concrètes et adaptées, veillant à ce que « Noël autrement » soit à l'origine d'un « vivre autrement ».

Que l'Esprit Saint nous rende tous inventifs pour de « nouveaux modes de vie » qui incarnent notre espérance d'une société plus juste et fraternelle.

Lourdes, le 8 novembre 2009, LES ÉVÊQUES DE FRANCE


Sommes-nous signe ou écran ?

Homélie de Mgr Jean-Pierre Ricard

Pour marquer l'ouverture de leur Assemblée plénière, les évêques de France se sont réunis, le dimanche 3 novembre, devant la Grotte de Lourdes pour célébrer l'Eucharistie. La messe, retransmise par la télévision, a été présidée par Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France. Il a prononcé l'homélie suivante (*) :

FRÈRES ET SOEURS,

Voici un Évangile polémique. Jésus dénonce le comportement des scribes et des pharisiens : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes ». Il y a là la trace de conflits que Jésus a dû rencontrer pendant sa vie avec un certain nombre de responsables religieux. Ne faisons pas pourtant de généralisation hâtive : tous les pharisiens ne ressemblaient pas à ceux que Jésus dénonce. Il y a eu parmi eux de grands spirituels et des témoins d'une réelle sainteté. De plus, n'affaiblissons pas la pointe de ce texte en disant que les paroles de Jésus ne nous concerneraient pas car elles viseraient seulement le comportement de personnages depuis longtemps disparus. Non, ce texte nous concerne. Il nous questionne tous aujourd'hui.

Jésus dénonce tout d'abord l'hypocrisie : « Ils disent mais ne font pas ». C'est le décalage bien connu, pour ne pas dire la contradiction, entre ce qui est demandé aux autres et ce qu'on fait soi-même, entre ce qu'on impose aux autres à cause de l'autorité qu'on a et ce qu'on s'impose à soi-même. Faire soi-même ce qu'on dit, c'est là une exigence de la vérité qui doit habiter tous ceux qui sont en situation d'autorité ou de responsabilité : évêques, prêtres, parents, éducateurs...

Mais Jésus n'en reste pas qu'à ce seul registre. Il dénonce le détournement de la religion à des fins personnelles. C'est la tentation de l'homme religieux qui, au lieu de servir Dieu, de s'effacer devant lui, de le mettre vraiment au centre de sa vie, se met lui-même au centre, se sert de Dieu et de la religion pour assouvir sa soif de pouvoir, asseoir sa respectabilité sociale ou répondre à son besoin de paraître. « Ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, les salutations sur la place publique ». Cet homme assoiffé d'honneurs est littéralement fasciné par l'image qu'il veut donner de lui-même et par celle que les autres lui renvoient. Jésus dans le désert a lui-même été confronté à cette tentation du détournement à son profit du service de Dieu. Au tentateur pourtant il répondra : « Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c'est à lui seul que tu rendras un culte » (Lc 4, 8). Cette tentation peut nous guetter tous, nous aussi ; elle peut guetter l'Église. Sommes-nous signe ou écran ? Sommes-nous serviteurs ou gérants établis à notre compte ?

Accumulons-nous les titres d'enseignant, de père et de docteur (ou de maître) ou bien renvoyons-nous tout cela au seul qui l'est en plénitude : le Seigneur, celui dont nous ne sommes que les serviteurs ? « Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé ».

Nous exposer à la Parole de Dieu S'il y a quelqu'un qui a refusé de jouer au notable, de centrer les regards sur lui, c'est bien l'apôtre Paul. Certes, Paul a une personnalité forte avec qui il n'a pas dû être facile de vivre tous les jours. Il sait se défendre quand il est attaqué. Et pourtant, il ne centre jamais les gens sur sa personne. Il est attentif à ses interlocuteurs, à ces auditoires qui l'écoutent, à ces communautés qu'il a fondées. Il se présente aux chrétiens de Corinthe comme un père qui les a engendrés dans la foi (1 Co 4, 15), aux chrétiens de Thessalonique comme une mère qui nourrit ses enfants et prend soin d'eux. Mais surtout, il renvoie sans cesse à un autre, le Christ et il sait que dans l'activité missionnaire de l'apôtre, c'est un autre qui agit, c'est le Seigneur. Lui, Paul, n'en est que le serviteur. Il dira aux Corinthiens : « Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est Dieu qui faisait croître. Ainsi, celui qui plante n'est rien, celui qui arrose n'est rien : Dieu seul compte, lui qui fait croître... Car nous travaillons ensemble à l'oeuvre de Dieu et vous êtes le champ que Dieu cultive, la maison qu'il construit » (1 Co 3, 6-7. 9). La grande conviction de Paul, c'est que Dieu est à l'oeuvre, c'est que sa Parole touche les coeurs, convertit les esprits, change les vies. Il rappellera aux Thessaloniciens : « Quand vous avez reçu de notre bouche la parole de Dieu, vous l'avez accueillie pour ce qu'elle est réellement : non pas une parole d'homme, mais la parole de Dieu qui est à l'oeuvre en vous, les croyants ».

Aujourd'hui, c'est Paul qui nous invite à nous exposer à la Parole de Dieu. Il sait qu'elle porte du fruit chez celui qui l'accueille. Dieu ne dit-il pas par la bouche du prophète Isaïe : « De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n'y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j'ai voulu et réalisé l'objet de sa mission » (Is 55, 10-11). Sommes-nous vraiment à l'écoute de la Parole de Dieu, attentifs et disponibles à ses appels ? Notre foi se nourrit-elle suffisamment de l'Évangile, de la Bible ? Celle-ci est mise aujourd'hui à notre disposition de multiples manières.

Sachons écouter, lire, méditer l'Écriture comme cette Parole que Dieu nous adresse. Elle sera alors lumière sur le chemin, pain pour la route. Elle établira nos coeurs dans la paix, dans la confiance, dans la disponibilité à la volonté de Dieu. Elle nous donnera courage dans les épreuves, assurance face aux difficultés.

Seigneur, donne-nous faim et soif de ta Parole. Seigneur, donne à tes serviteurs, les évêques, les prêtres et les diacres de se nourrir eux-mêmes de cette Parole et d'en rompre le pain avec tous. Amen.

(*) Texte du secrétariat général de la Conférence des évêques de France. La documentation catholique N° 2281 du 1/12/2002 - Document - page 1018 - 1578 mots.

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