ALORS ? DIEU EST-IL ANARCHISTE ?


Répondre " oui" à une telle question serait de nature à provoquer cette " grande peur des bien-pensants " dont parlait Bernanos. Et pourtant ! Pourtant, Jésus de Nazareth a bel et bien vécu et prêché un anarchisme. Mais voilà : c'était un anarchisme de Dieu et selon Dieu !

Comment définir l'anarchisme idéologique et politique tel que le 19 ème siècle l'a vu naître et se développer ? Le dictionnaire nous offre ses définitions : il indique l'étymologie du mot (an-archia, en grec, c'est-à-dire l'absence d'autorité et de chefs) puis il définit l'anarchisme comme " une conception politique qui tend à supprimer l'État, à éliminer de la société tout pouvoir disposant d'íun droit de contrainte sur l'individu" (Petit Robert). Ce n'est qu'ensuite que le mot a pris le sens de "désordre " et de " chaos ". Sans doute parce que, dans les tentatives de réalisation concrète de l''déologie anarchiste, surtout aux 19 ème et 20 ème siècles, la tendance violente et terroriste a souvent prévalu sur la tendance non-violente. Mais j'ai moi-même connu d'admirables anarchistes non-violents qui, à Toulouse lors de la guerre d'Algérie, militaient activement contre la torture, contre cette guerre et soutenaient les objecteurs de conscience alors jugés et emprisonnés (cf : " l'action civique non-violente " ). Et je garde un souvenir émouvant de Roman Aguilar, cet anarchiste espagnol décédé à la maison de retraite où je vis : avec finesse, intelligence et esprit de tolérance, il me parlait de la passion qu'il mettait à étudier, dans sa jeunesse, les penseurs français qui développaient les thèses anarchistes, tel ce savant géographe, Elisée Reclus, fils d'un pasteur protestant du sud-ouest. Je crois que c'est à la suite des controverses théologiques que j'avais avec cet ami que j'ai mieux approfondi l'anarchisme de Jésus !

Même si je développais longuement la thèse que le Jésus de Nazareth des Évangiles est " anarchiste " au meilleur sens du terme, je pressens que je ne serais pas compris de mes frères croyants. Et il vaudrait mieux, sans doute, que je renonce à appliquer ce vocable au Seigneur, de peur d'aller trop loin dans la " provocation "!

Et pourtant ce Jésus en majesté (" pantocrator "), qui trône comme un chef suprême et qui patronne à la fois les pouvoirs temporels et les pouvoirs spirituels pour maintenir l'ordre établi, est-il le Jésus de l'Évangile ? N'est-il pas l'idole de la " chrétienté " héritée de nos pères ?

Il nous faut lire à nouveau et prêcher de nouveau l'évangile de Luc et ses Béatitudes :

 
" Heureux les pauvres car le Royaume de Dieu est à eux ! Mais malheur à vous, riches, ....!

(Luc 6 . 20 à 26)

Et l'Évangile de Marc :

" Les chefs des nations les commandent en Maîtres et les grands personnages leur font sentir leur Pouvoir. Mais cela ne se passe pas ainsi parmi vous. Au contraire, si l'un de vous veut être grand, il doit être votre serviteur."

(Marc 10 . 42 à 45)

Et Matthieu :

" Ne vous faites pas appeler " Chef " car vous n'avez qu'un seul chef : le Messie. "

(Matthieu 23 . 1 à 12)

Et Jean :

 

" Jésus se rendit compte qu'ils allaient venir l'enlever de force pour le faire roi. Il se retira donc de nouveau sur la colline, tout seul. "

et surtout : la croix.

" Les soldats tressèrent une couronne avec des branches épineuses et la placèrent sur la tête de Jésus. Ils l'affublèrent aussi d'une toge rouge ... Et sur la croix de Jésus, Pilate fit placer cet écriteau: " Jésus de Nazareth, le Roi des juifs " .

(Jean 19 . 1 à 22) 

Et à l'opposé, dans l'autre camp, les chefs d'Israël en exercice proclamaient leur confession de foi blasphématoire :

" Nous n'avons pas d'autre roi que César (l'empereur de Rome ! " (Jean 19 . 15)

Il faut bien comprendre ceci : pour lui-même et pour ses adeptes fils du Royaume, Jésus a choisi et voulu non seulement une position " politique " de non-violence vis-à-vis de ses ennemis mais aussi un parti pris de non-puissance, un refus d'exercer le Pouvoir et sa raison d'État. C'est cette attitude " civique" de non-coopération à la puissance (de la force, des armes, de l'argent, du nombre ou du savoir,.....) qui vouait Jésus à n'être, aux yeux de tous les hommes, qu'un roi pour rire, un roi de comédie. Un homme combien dangereux, pourtant !

Or c'est le Père qui a confié à son Fils unique, le " Roi d'Israël ", la mission de réaliser et d'établir pour toujours ce merveilleux anarchisme du Royaume : la disparition de toute " médiation " de " chefs " politiques et religieux qui viendrait s'interposer entre le Père lui-même et chacun des siens, et faire écran à la Présence directe, totale et toujours immédiate, du seul Médiateur entre le Père et ses créatures: Jésus le Messie.

Ce qui, humainement, a été la plus noble des utopies politiques et le dépassement le plus logique des grands idéaux de " liberté, égalité, fraternité " , cet anarchisme non-violent de l'Amour, voilà que le crucifié ressuscité le réalise au-delà de toute espérance !

Tel est l'avenir du monde.

Telle est la divine " fin du monde ª voulue par le Seigneur et réalisée par son Christ.

Au fond, pourrait-on dire, les différences décisives entre l'anarchisme humain et l'anarchisme divin, les voici :

Jésus ne dit pas " ni Dieu, ni Maître " ! , mais il aime et il sert le Père pour le faire aimer.

Jésus ne supprime pas lui-même les autorités et les pouvoirs : il laisse à son Père cette prérogative, pour le grand jour annoncé.

En attendant, pour incarner tout de suite le nouveau régime du Royaume, il pratique et il prêche la non-violence et la non-puissance de l'Amour.

Par sa croix, il remplace tout idéal irréalisable et toute " utopie " par la réelle et définitive création du monde nouveau dont Dieu est l'architecte.

Ce monde nouveau, nous le contemplons d'avance :

LA JÉRUSALEM " CÉLESTE "

Qu'elle arrive l'an prochain, cette Jérusalem-là "! Qu'elle arrive même cette année, Seigneur notre Père ! Qu'elle descende enfin d'en haut pour couvrir et remplir notre terre ! Ton Règne, qu'il arrive vite, ô notre Dieu!

" Un grand signe apparut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil comme d'un vêtement. Ella avait la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête .. L'ange me transporta au sommet d'une très haute montagne. Il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel. Envoyée par Dieu, elle resplendissait de la gloire de Dieu ...." (Apocalypse 12 . 1 et 21 . 10)

Voilà la " Jérusalem céleste", selon le témoignage prophétique donné pour nous par Jean le prophète, à Patmos.

Je viens de rapprocher deux passages du dernier livre de la Bible : l'Apocalypse de Jean :

Le premier, au début du chapitre 12, nous présente une femme resplendissante de gloire. C'est Jérusalem, elle-même représentative de l'Israël fidèle qui attendait avec foi la venue du Messie, le " consolateur " et le " libérateur " promis.

Cette figure féminine symbolise Sion où le Seigneur Dieu " engendre " le Roi Sauveur selon le psaume 2. Elle est la représentation métaphorique et emblématique de la Jérusalem fidèle de laquelle Dieu fait naître et par laquelle il donne à Israël, et à tous les peuples, le Libérateur annoncé ": son fils, ressuscité, est " enlevé au ciel " pour toujours victorieux et hors d'atteinte des attaques du Diable. Alors Satan se retourne contre les enfants de Jérusalem qui, eux, vont vivre sur la terre cette épreuve et ce combat, " dans le désert des nations, jusqu'à la mort du Diable ". Ces fils de Sion sont à la fois les israélites et tous ceux des " nations " qui sont agrégés à Israël par leur foi au Messie.

En aucune façon cette femme ne peut représenter la Vierge Marie ! Et pas d'avantage " l'Église " au sens que ce mot a pris depuis des siècles : l'ensemble des assemblées pagano-chrétiennes du " christianisme " se situant en héritières du " judaïsme ", en face d'Israël, donc " contre " Israël, " contre "Jérusalem. A cet égard, la liturgie catholique de la messe du 15 août, par exemple, est significative de l'antisémitisme chrétien qui reporte sur " l'Église " et même sur " Marie figure de l'Église " ce que la Parole de Dieu dit de Sion-Israël " ! Usurpation catastrophique que cette " théologie de la substitution " ! )

Le second passage (21 . 10) ouvre la merveilleuse description de la Jérusalem finale qui remplit les chapitres 21 et 22 de l'Apocalypse. Description en termes imagés et symboliques de cette Jérusalem nouvelle, éternelle et céleste qui, donnée par Dieu et oeuvre de ses mains en Jésus-Christ, vient " d'en-haut " et descend "ici-bas " ( " habitat "définitif d'une humanité nouvelle, le " corps " du Messie-Jésus ).

" Puis je vis un ciel nouveau et une nouvelle terre. Le premier ciel et la première terre avaient disparu et il n'y avait plus de mer (= l'abîme du chaos, des forces démoniaques et de la Mort ). Et je voyais la Ville sainte, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel, envoyée par Dieu, prête comme une mariée qui s'est faite belle pour aller à la rencontre de son mari. Et j'entendis une voix forte qui venait du trône et qui disait : maintenant, la demeure de Dieu est au milieu des hommes " ! (21 . 1 à 5)

(Pour éviter des erreurs au sujet de cette Jérusalem céleste, voici une brève remarque sur le mot " céleste ":

Souvent synonyme de " de Dieu ", ce mot ne signifie pas ici " qui sera située éternellement au ciel ". Cela voudrait dire, dans ce cas, que notre vie éternelle se déroulera " au ciel ". Or, le texte dit le contraire puisqu'il montre la nouvelle Jérusalem qui descend " du ciel. Et la suite ne dit nulle part qu'elle remonte ou repart " au ciel ".

La même erreur se retrouve, d'ailleurs, dans la compréhension (familière aux milieux évangéliques de Réveil et aux " millénaristes ") du texte paulinien de I Thessaloniciens 4 . 16 : " au son de la trompette de Dieu, le Seigneur lui-même descendra du ciel. Alors ceux qui seront morts en croyant au Christ reviendront à la vie en premier lieu ". ce verset dit que la Parousie de Jésus sera sa " descente " du ciel. Est-ce que Paul ajoute qu'ensuite Jésus remontera " au ciel ", y emmenant avec lui ses élus ressuscités pour qu'ils soient ensemble " au ciel "? Nullement ! Et " l'enlèvement " dont il est question au verset 17 ne peut être compris que dans le sens d'un affranchissement des lois de la pesanteur et d'un transfert " en l'air ", dans l'atmosphère, pour y rejoindre le Seigneur en train de descendre ... et pour aller avec lui jusqu'au terme de cette descente décisive et définitive qui le fera " demeurer " avec les hommes ici-bas sur une terre transformée.

Cet usage abusif du mot "céleste " imprègne tellement toute la piété, les chants, la liturgie et la catéchèse des diverses traditions chrétiennes qu'il est probablement vain d'espérer une fin à cet " idéalisme platonicien et gnostique " qui remonte dans l'histoire bien plus haut que St Augustin lui-même, lui qui en fut un des grands coupable " ! Il suffirait pourtant de revenir à la façon dont les juifs du 1er siècle (Matthieu par exemple) employaient les mots " des cieux " ou " du ciel ". Ils voulaient éviter de dire le mot sacré et indicible : " Dieu " (exemple : " le Royaume des cieux " au lieu de dire " le Royaume de Dieu " ). Le mot " divin ", alors, conviendrait mieux que le mot " céleste ".

Ainsi, lorsque nous parlons de la Jérusalem " céleste " nous voulons parler de la Jérusalem " divine " qui vient de Dieu et qui n'est pas construite et réalisée par les hommes. Paul, de la même manière, distingue et oppose la Jérusalem " d'en-bas " (exactement " la Jérusalem actuelle ", " qui est esclave, avec ses " enfants " ), à la Jérusalem " d'en-haut ", " qui est libre, et qui est notre mère " (Galates 4 . 25 à 27), et dont nous sommes les enfants (v. 31).

Cessons donc de dire que c'est l'Église qui est notre mère et proclamons que notre mère est la Jérusalem de Dieu qui vient. Et ne cherchons pas à être citoyens israéliens car la Jérusalem actuelle (réunifiée ou pas) n'est pas notre mère : elle est " esclave "!

La Jérusalem qui vient bientôt " d'en-haut " est notre mère, notre patrie, notre cité et notre citoyenneté éternelle (Philippiens 3 . 20). C'est la même que la Jérusalem fidèle qui, au premier siècle, a mis au monde le Messie et avec lui l'Israël nouveau du Royaume de Dieu. C'était le peuple humble et fidèle de Zacharie et d'Élisabeth, de Joseph et de Marie, de Siméon et d'Anne la prophétesse, etc....

C'est cette sainte communauté des " pauvres de IHVH " qui a donné naissance au Roi Messie que le Seigneur d'Israël a ressuscité et consacré en lui disant: " c'est toi qui es mon Fils. A partir d'aujourd'hui, c'est moi qui suis ton Père .... Ton domaine s'étendra jusqu'au bout du monde ". (Psaume 2 . 7 à 9)

Oui, assurément, la " solution finale " du problème de Jérusalem n'est autre que cette Jérusalem divine dont la " parousie " est promise, en même temps que la " parousie " du Messie Jésus de Nazareth, le Seigneur de l'Histoire universelle.

Mais que dit encore l'Apocalypse de Jean de cette Jérusalem dont l'avènement irrésistible a été annoncé et inauguré par l'irrésistible ascension politique de ce " rebelle " crucifié lors de la Pâque juive, hors des murs de la cité sainte ? Quelles précisions trouvons-nous, à la fin de ce livre, sur ce " Royaume " qui est la solution divine du " problème de Jérusalem "?

LA JÉRUSALEM NOUVELLE

" Et je voyais la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel " (Apocalypse 21 . 2)

C'est le qualificatif de " nouvelle" qui caractérise aussi la cité humaine perpétuelle qui vient vers notre terre, déjà toute prête dans l'invisible de Dieu, création nouvelle et inimaginable.

Ce mot "nouveau" (au sens d'inédit, de totalement inédit, de " jamais vu " ) est constamment employé par le Nouveau Testament pour qualifier les réalités eschatologiques, c'est-à-dire les réalités du Royaume de Dieu, aussi bien en temps ("ère, siècle, âge nouveau ") qu'en espace (" terre, humanité, monde nouveau ", etc...) : " Voici, je fais toutes choses nouvelles. " (Apocalypse 21 . 5)

Pour transmettre brièvement ce qu'en pense Jean, le prophète de l'Apocalypse, suivons simplement les explications de Pierre Prigent (auteur du gros commentaire récemment publié chez Labor & Fides : " l'Apocalypse de Saint Jean " p. 448 à 485) : pour comprendre ce que sera la Jérusalem qui vient, il faut voir que Jean la décrit de trois façons différentes mais complémentaires (du chapitre 21 . 1 au chapitre 22 . 5).

En premier lieu la Nouveauté du "siècle à venir " mettant fin au " monde présent " est présentée comme le monde nouveau (21 . 1-8) : un monde telllement " autre " que " il n'y aura plus de mort, plus de deuil, plus de lamentations, plus de douleur. Les choses anciennes auront disparu ". Inconcevable humainement! Mais c'est Dieu qui crée cela. Et la perfection de cette terre nouvelle provient du fait que Dieu lui-même y est présent, totalement, immédiatement, et directement présent, bénissant chaque membre de cette humanité nouvelle où le mal n'a pas droit de cité :

 
" C'est la demeure de Dieu au milieu des hommes. Il demeurera avec eux et ils seront son peuple. Dieu lui-même sera avec eux et il sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux ...." (" Emmanuel " = " Dieu avec nous "

(Matthieu 1 . 23)

En second lieu cette même réalité du Royaume de Dieu est décrite avec le langage des prophéties anciennes qui annonçaient la restauration du Royaume d'Israël autour de sa capitale éternelle, Jérusalem. Là encore l'essentiel est dans le fait que " Dieu est là ", à domicile si j'ose dire. Mais maintenant deux nouveautés inouïes s'accomplissent : d'une part c'est le monde entier que remplit cette " métropole royale ", d'autre part le " Roi " en qui Dieu lui-même est vu face-à-face n'est autre que " l'Agneau immolé " (chapitre 21 . 9-27).

Les mesures fantastiques de cette cité sainte éternelle (un peu plus de 2000 km pour un côté "! Sans compter une hauteur du même ordre qui fait de cette métropole un cube conforme au Lieu très saint de l'ancien Temple, demeure secrète d'IHVH !) sont là " pour exprimer l'ampleur de ce que Dieu crée lui-même ". Et là, point besoin du Temple car l'Agneau est le Temple, et sa Sion toute entière est devenue la Maison de Dieu, aux dimensions de toute la terre.

Oui, le ciel sur la terre !

En troisième lieu, en effet (chapitre 22 . 1-5), c'est l'image "mythique " du Paradis (l'Éden primitif selon Genèse 2) que Jean utilise pour donner une idée de ce Royaume qui vient, avec l'ère nouvelle du salut universel et éternel. " L'ère nouvelle est annoncée comme un paradis ", avec son fleuve de Vie, son arbre de Vie, sa lumière et sa gloire, tout cela émanant du trône de Dieu et de l'Agneau.

Mais " il ne s'agit pas d'un simple retour aux âges d'or des origines ". C'est un accomplissement qui répare les effets de la chute, mais aussi un dépassement inouï qui gratifie l'humanité entière des bienfaits de l'arbre de Vie, c'est-à-dire de la Vie éternelle qui est la communion à la vie de Dieu lui-même.

Il est clair que ces trois éléments différents forment une unité. Ils contribuent, ensemble, à donner une description imagée de ce que va être le monde nouveau destiné à succéder à l'ancien monde. Bien sûr, chacune des trois composantes a son symbolisme propre et sa façon de parler empruntée aux anciens prophètes. Mais " il ne faut pas prendre les trois parties comme les descriptions d'étapes successives, ni même comme des présentations de réalités distinctes, mais bien comme trois aspects, trois éclairages prophétiques de la Fin ".

Cependant, ce mot, la "Fin ", est ambigu. Précisons donc bien qu'il faut distinguer les deux sens :

la " fin " veut dire d'abord cessation, disparition et mort de ce qui a été. En ce sens-là, la " fin " de notre monde sera bien une mort, une disparition et une cessation. " Que ce monde passe ! " priaient nos pères du 1er siècle. Or, d'ici la fin de ce monde, il y a et il y aura guerre " à mort " (Harmaguédon) entre Dieu et les Puissances qui structurent et perpétuent ce monde.

Mais le mot " fin " veut dire aussi dénouement, conclusion, aboutissement. En ce sens-là nous proclamons magnifique le Dénouement de l'Histoire, magnifique la conclusion de la tragédie humaine, magnifique le dernier mot du Père sur l'issue de l'aventure de cette terre. Puisque ce dénouement va être l'arrivée du Règne de Jésus. Et puisque c'est son Avènement qui va, " en un clin d'oeil ", faire disparaître les choses anciennes.

Aussi ne faut-il pas dire " que ce monde passe " ou " qu'on en finisse ", sans dire auparavant et avant tout: " que ton règne vienne " !,

oui, qu'il vienne " bientôt "!

Georges SIGUIER . 14 rue Saint Jacques 81200 MAZAMET

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