Interpellations

 

 

 

3111 définitions, questions :E. Savajol

3112 Eglise lève-toi ! E. Savajol

3113 ne fais-tu pas barrage à l'Esprit Saint ? André Spurgeon

3114 les indulgences!: E. Savajol

3115 au cardinal Ratzinger... E. Savajol

3116 les églises n'ont-elles pas parfois un comportement de secte? E savajol

3117 aux clercs G. Siguier

3118 du gouvernement dans l'église : J.F. Doran

3119_legaut.html extraits

3120 trahison des clercs : G. Siguier

3121 l'oecuménisme est dépassé !: G. Siguier

3122 aux pasteurs protestants: G.Siguier

3123 à mon curé : G. Siguier

3124 marie mère de Jésus Christ dans les jours de sa chair. E. Savajol.

3125 évangéliser l'église !

3126 Mariage indissolubilite, nullite Ed.Savajol

3127 Credos !

3130 dogme_edmond.htm Ed .Svajol

3131 dogmes-siguier.htm G. Siguier

3132 transsubstantiation.htm G. Siguier

3133 misères cathos:pouvoirs

3134-repas diviseur

3135 chretiens libres

3136-acosta -reformes

3137 -derive vers la religion

3138-pain-eucharistie.htmClaire-Marie

3139_oser-transgresser

3140-geffre-claude

3141-dupuis-jacques

3142-sobrino-jon

3144-comblin-jose.htm  Eglise et Pouvoir

3145- kung-aux-eveques

/3146-dirigeants-myre.htm

3147-vaticanII-comblin.htm

3150-lefebvre-au-pape

 
 

Jean-Paul Lefebvre Montréal, le 16 septembre 2005

Au pape Benoît XVI Cité du Vatican Rome

Très Saint Père,

Votre pontificat s'amorce alors que l'Église traverse une crise très profonde. Les fastueuses cérémonies qui ont entouré la mort du pape Jean-Paul II et votre élection au siège de Rome ont été médiatisées à travers le monde entier comme aucun autre événement ne le fut depuis l'avènement de la télévision. Pour tous ceux et celles qui s'intéressent à l'avenir du christianisme, ce passage d'un pontificat, qui a duré plus d'un quart de siècle, au vôtre, qui ne saurait avoir cette longévité, est l'occasion de poser la question : Le christianisme a-t-il un avenir dans le monde moderne ? Pour être plus précis, il faudrait se demander : Les cultures ecclésiastique et monarchique au sein desquelles baigne l'Église depuis le quatrième siècle sont-elles viables, en particulier en Occident ? À l'exception de la Pologne, un pays martyrisé pendant des décennies par deux régimes totalitaires successifs et " sauvé " par l'Église catholique. Tout particulièrement, pour la phase finale de la libération, par son héros absolu et vénéré : Karol Wojtyla.

Dans la plupart des pays occidentaux, où les communautés chrétiennes étaient enracinées solidement jusqu'au milieu du vingtième siècle, ces communautés sont, depuis, marquées par la désertion d'un très grand nombre de baptisés, laïcs, prêtres, religieux et religieuses. Quant aux jeunes générations, elles demeurent à l'écart, sauf pour leurs participations occasionnelles aux grands ralliements mondiaux imaginés par le pape Jean-Paul II, dont les effets pastoraux permanents sont incertains et les coûts exorbitants. On peut d'ailleurs se demander si ces apparitions spectaculaires et périodiques du " curé de la planète " ne rendent pas bien banales les cérémonies religieuses présidées par le prêtre de la paroisse de chacun de ces " pèlerins ". Doté, comme vous l'êtes, de l'un des plus puissants services d'information au monde, vous avez certainement à portée de la main des données précises sur ce phénomène… Les superstars, qu'elles soient artistes, leader politique ou pape attirent facilement les foules. Il serait temps, après vingt-cinq ans d'expériences très coûteuses, de se demander quelle est le rendement pastoral de l'exploitation des talents d'un pape superstar.

J'aimerais fonder les modestes suggestions que je vous transmets sur une citation de Teilhard de Chardin, datant de Noël 1933 : " À force de répéter et de développer ABSTRAITEMENT l'expression de nos dogmes, nous sommes en train de nous perdre dans des nuées où ne pénètrent plus ni les bruits, ni les aspirations ni la sève de la terre. Religieusement, nous vivons par rapport au monde, dans un double extrinsécisme intellectuel et sentimental. Ceci est une indication que les temps sont proches d'une rénovation. Après bientôt 2000 ans, il faut que le Christ renaisse, qu'il se réincarne dans un monde devenu trop différent de celui dans lequel il a vécu. Jésus ne saurait réapparaître tangiblement parmi nous. Mais il peut manifester à nos esprits un aspect triomphal et nouveau de sa figure ancienne. "

Pour qu'un nouveau visage du Christ nous soit perceptible, il faudra qu'un nouveau visage du pape et de la hiérarchie de l'Église nous apparaisse. Nous sommes des millions de catholiques, Saint-Père, à croire que la papauté et la Curie romaine, par la lourdeur de la discipline ecclésiastique, et par de nombreux abus d'autorité, ont complètement muselé, non seulement un bon nombre de théologiens, mais aussi, la grande majorité des évêques, pourtant successeurs des apôtres. Je ne ferai qu'évoquer l'abondante correspondance entre le Vatican et les évêques allemands ! À ma connaissance, Rome a tranché, parfois de façon brutale, dans tous les dossiers : celui de la communion aux divorcés-réengagés, celui des cliniques d'assistance aux femmes qui envisageaient la possibilité d'un avortement, celui de la mission pastorale des Églises locales… Dans tous les cas, les jugements bureaucratiques de la Curie ont prévalu sur les hommes de terrain, ceux qui vivaient, non pas dans les palais feutrés du Vatican, mais au sein du peuple dont ils étaient en mesure de mieux juger les besoins que ne l'étaient les fonctionnaires romains, et le pape lui-même. Je garde un souvenir très précis de votre polémique, publique, avec votre compatriote, le cardinal Kasper, sur la nature de l'Église locale. Je dois vous confesser que sa perception me semblait plus pastorale, plus évangélique, que la vôtre.

Vous présidez aujourd'hui à l'orientation d'une Église, dont le Christ est la norme et le modèle; une Église à laquelle " Pierre " a imposé, au cours du dernier quart de siècle, une pensée unique, conçue au Vatican, et ne tenant aucun compte des différences culturelles majeures entre les communautés catholiques à travers le vaste monde. Empêcher des Brésiliens de danser pendant la messe, c'est comme interdire à un pêcheur de pêcher ! Interdire le sacerdoce des femmes, sous prétexte que le Christ n'a pas choisi de femme parmi ses apôtres, c'est prendre pour acquis que les chrétiens d'aujourd'hui ne sont pas assez renseignés pour évaluer le statut de la femme, dans la société occidentale d'aujourd'hui, par rapport à ce qu'il était en Samarie du temps du Christ. Malheureusement, un successeur de " Paul " ne s'est pas manifesté pour tenir tête à Pierre, comme l'apôtre des Gentils l'a fait sur la question de la circoncision !

Ne voyant dans la modernité que ses excès, le pape et sa Curie ont généralement pris partie pour une restauration des valeurs anciennes, alors que beaucoup de théologiens, d'évêques et de fidèles, profondément engagés dans l'Église, n'ont pas craint d'identifier les faiblesses de la position romaine face à certaines valeurs réelles de la culture d'aujourd'hui, l'égalité de l'homme et de la femme, par exemple. Personne ne l'a fait avec la force et la détermination nécessaires pour contester efficacement l'entêtement de Rome.

L'un de nos archevêques, Mgr Bertrand Blanchet, de guerre lasse, a récemment suggéré aux femmes, qui ont fait du sacerdoce l'objectif de leur vie, d'aller se faire ordonner chez les Anglicans. Je m'incline devant son courage, mais je préférerais que l'Assemblée des Évêques du Québec, à l'immense majorité des voix, vous demande de convoquer un synode pour faire approuver cette ouverture. Notre Église, en raison de son ancienneté et de son importance numérique (qui ne sera pas éternelle), a mission de faire l'unité des chrétiens et non de légitimer de nouveaux schismes.

Je vis au Québec depuis ma naissance, il y a soixante-dix-neuf ans (le même âge que vous). Je suis convaincu que l'Église catholique de chez nous ne survivra pas, en milieu francophone, à votre refus de reconnaître dans les faits, l'égalité des hommes et des femmes dans l'Église. Pour qui sait lire, c'est écrit en grosses lettres sur les murs de nos églises, dont la plupart sont presque vides déjà !

Vous n'avez certes pas oublié les positions que vous avez défendues, aux côtés de votre évêque d'alors, durant le Concile Vatican II, ni la pétition que vous aviez signée en 1969, alors que vous étiez professeur de théologie à l'Université de Tubingen. Avec trente-quatre autres théologiens européens, vous écriviez :

" Toute forme d'inquisition, si subtile qu'elle puisse être, porte préjudice au développement d'une théologie saine et nuit grandement, au surplus, à la crédibilité de l'Église tout entière dans le monde d'aujourd'hui. C'est pourquoi nous attendons du magistère pastoral de prédication du pape et des évêques une confiance spontanée dans notre sens de l'Église et un soutien sans parti pris au travail théologique que nous accomplissons pour le bien des hommes dans l'Église et dans le monde. Nous aimerions effectuer notre tâche de rechercher la vérité et de l'annoncer sans être gênés par des mesures et des sanctions administratives. " (Parvis, juin 2005)

Dans la revue LE MONDE DES RELIGIONS, no 12, Henri Tincq dresse un premier bilan de votre pontificat. Il écrit : " Le premier soin du nouveau pape a été de faire comprendre à son Église et au monde qu'il entendait se recentrer sur "l'essentiel " du pouvoir pontifical. Ce n'est pas une critique implicite de son prédécesseur, de l'hypertrophie de la fonction dont Jean-Paul II était devenu le symbole, encouragé par des mouvements bruyants de "reconquête catholique " ou de " nouvelle évangélisation " avec lesquels le futur Benoît XVI avait déjà su garder des distances. Cette option de modestie est liée à son âge, 78 ans, à ses forces, au temps qui lui sera mesuré, mais surtout à sa conception du ministère du pape, à une vision, semble-t-il plus juste des progrès de la collégialité et de l'œcuménisme (rapprochement entre les Églises chrétiennes) qui ont pour préalable un exercice moins autoritaire de la primauté pontificale. "

Henri Tincq fonde son analyse en bonne partie sur votre homélie du 7 mai, en la cathédrale de St-Jean-de-Latran. À cette occasion, vous avez pris le temps d'exposer, de façon assez détaillée, comment vous concevez le rôle de l'évêque de Rome au moment où vous adressiez, pour la première fois, la parole dans la cathédrale qui est le siège de l'évêque de Rome. J'ai lu avec le plus grand intérêt cette homélie, dont je retiendrai une phrase fort importante, à laquelle je donne un sens et une portée différente de l'interprétation d'Henri Tincq. Vous avez dit : " Le pape n'est pas un souverain absolu dont la pensée et la volonté sont la loi. Le ministère du pape est la garantie de l'obéissance envers le Christ et envers sa Parole. Son pouvoir n'est pas au-dessus, mais au service de la parole de Dieu. "

La question, il me semble, est de savoir si le Souverain Pontife est le seul interprète de cette parole ou si, plutôt, il ne doit pas devenir, dans le monde d'aujourd'hui, le chef d'équipe et, occasionnellement, l'arbitre des interprétations acceptables, selon les milieux et les cultures. Je donne un exemple. L'Église est justifiée de prêcher le respect de la vie humaine. Cela implique-t-il nécessairement qu'une femme qui a été violée par vingt soldats d'une armée adverse, dans une perspective de " purification ethnique " doit, en conscience, garder l'enfant qui pourrait naître dans de telles circons- tances ? Le pape est-il le seul à pouvoir juger une telle situation ? Peut-il imposer son opinion personnelle à tous les théologiens, à tous les évêques… à la conscience de toutes les femmes directement concernées ? C'est ce qui s'est produit sous votre prédécesseur pendant un quart de siècle, et qui a été contesté, discrètement, trop discrètement, par bon nombre d'évêques et de théologiens. Selon mon interprétation des trois phrases très importantes tirées de votre homélie, vous n'avez pas l'intention de mettre en doute la liberté absolue du pape de décider seul de la portée de la Parole de Dieu ! Permettez-moi de croire que cela fait problème. Pour que l'Église soit crédible dans le monde d'aujourd'hui et pour qu'elle puisse être le leader de l'unité des chrétiens - ce qu'elle a mission d'être -, l'autorité du pape ne peut s'exercer que dans un contexte de collégialité. Je décline l'honneur d'être celui qui va définir les modalités d'application de ce principe de collégialité. Voici quelques réflexions sur le sujet :

1 - Si vous ne voulez plus être un souverain absolu…

Vous me permettrez, Saint-Père, d'utiliser un exemple très récent. Il s'agit d'une déclaration que vous avez faite et qui a été diffusée, au Canada, par l'Agence Proximo :

" Le pape compatit avec la souffrance des divorcés remariés dont l'accès au sacrement de la communion est interdit. Mais le Souverain Pontife demeure ferme sur la question et insiste sur le fait qu'il ne saurait être question de modifier la règle pour l'instant. Toutefois, cette question est suffisamment sérieuse pour que les autorités ecclésiastiques prennent le temps d'en considérer les tenants et les aboutissants. Les observateurs les plus perspicaces font remarquer que le futur pape tenait, en 1972, un discours beaucoup plus souple. En effet, le principal intéressé était alors favorable à l'accès des divorcés remariés à la communion dans le cas d'une première union "rompue depuis longtemps et d'une manière irréversible" et d'un remariage qui "a fait ses preuves sur une période assez longue". Mais depuis le pape a durci le ton sur la question " Fin de la citation

Or, dans ce cas, je crois qu'un large consensus existe déjà, parmi les théologiens, les prêtres et les évêques, sur le fait qu'on ne saurait priver de la communion des gens dont on ne connaît même pas la part de responsabilité dans l'échec de leur premier mariage ? Par ailleurs peut-on défendre une telle interdiction alors que l'Église a laissé des prêtres pédophiles célébrer eux-mêmes l'eucharistie pendant des années ? Le Magistère de l'Église, en consultation avec les fidèles, devrait entreprendre une réflexion fondamentale sur la formation des consciences plutôt que sur son contrôle. N'y aurait-il pas lieu de comparer votre position la plus récente avec l'attitude du Christ envers… la femme adultère, l'enfant prodigue, celle du lévite qui passe son chemin devant l'homme blessé par un brigand, et celle du Bon Samaritain qui prend le malheureux en charge ? Refuse-t-on la communion à un couple qui vit en union libre ? À un voleur ? À un homme qui bat sa femme ? À une femme qui bat son mari ? Le Christ refusait-il de parler avec des gens qu'il aurait jugés indignes de parler avec Lui ?

Je reviens à vos divorcés-réengagés. Supposons qu'ils sont tous les deux responsables de leur échec, est-ce un péché impardonnable ?

Un de nos anciens aumôniers à la JEC est mort il y a quelques années. Quelques semaines avant sa mort, il avait signé un court article dans la revue de sa communauté. Il écrivait, entre autres choses : " En soixante ans de ministère, je n'ai jamais pu refuser l'absolution ! "

2 - Puisque vous ne voulez pas être un souverain absolu…

Vous auriez intérêt, il me semble, à rompre avec le style des grands déploiements spectaculaires, et très coûteux pour les Églises locales, qu'affectionnait particulièrement Jean-Paul II. Il a été le pape des grands monologues. Vous pourriez devenir le pape du dialogue avec les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, et les fidèles, jeunes et moins jeunes. N'avez-vous pas besoin de les entendre, de dialoguer avec eux pour bien remplir votre fonction de guide spirituel ? Particulièrement en raison du fait que vous avez été éloigné de la base depuis votre long séjour au Vatican. Mais aussi, parce que le pontificat de Jean-Paul II, s'il a été spectaculaire, a été très souffrant pour les Églises locales, avec lesquelles il n'y avait pas de réels contacts. Comme vous le savez, il refusait le dialogue, surtout s'il s'agissait de " discuter " !

Ce sont les échanges entre petits groupes, rapportés dans les Évangiles, qui nous ont transmis l'essentiel de la pédagogie (catéchèse) de Jésus. Ce type de contacts multiples et prolongés avec les Églises locales permettrait d'apprécier l'urgence de créer de nouveaux ministères ordonnés à l'intention des jeunes déjà préparés pour remplir des missions pastorales très variées, bien différentes des responsabilités multiples du prêtre traditionnel.

Si notre Église reste figée dans le célibat ecclésiastique mâle, elle va prendre, dans le contexte de la société moderne, l'allure d'une secte. Ce dont on l'accuse déjà, d'ailleurs. L'Église catholique, pour sa propre survie et pour réaliser son mandat naturel de lieu de rassemblement de tous les chrétiens, ne peut tout simplement pas refuser d'ordonner des jeunes hommes mariés et des jeunes femmes, mariées ou non. Ce pas va être difficile à franchir, mais il est indispensable pour la survie de l'Église dans de nombreux pays et pour sa crédibilité comme animatrice de l'unité des chrétiens. Si le Christ revenait parmi nous pour mettre à jour la Bonne Nouvelle du salut de l'humanité par la voie de l'amour du prochain, pourrait-il faire abstraction des femmes ? La réponse est évidente. Au cœur de la modernité, dans le monde occidental, les femmes sont vraiment égales aux hommes. Le temps est venu de le reconnaître. La création de nouveaux ministères ordonnés serait un bon moyen d'introduire cette nouveauté, qui n'en n'est pas une en réalité. À tout le moins y eut-il des diaconesses dans l'histoire ancienne de l'Église, et nous savons tous qu'il y eût des hommes mariés ordonnés prêtres et évêques, en grand nombre. C'est le pape Benoît VIII qui proposa au synode de Pavie, en 1022, le célibat ecclésiastique; pour éviter que les enfants des prêtres n'héritent de biens de l'Église ! Il eût été plus simple d'adopter un règlement ou une loi pour distinguer les biens de l'Église des biens… ecclésiastiques. Il vous revient, Saint-Père, de revoir le mauvais choix de votre lointain prédécesseur !

Croyez-vous, Saint-Père, que le sacrement de mariage est incompatible au sacrement de l'Ordre ? Et, tenez-vous vraiment à ce que le pape soit " …le suprême administrateur et dispensateur de tous les biens ecclésiastiques " ? Le canon 1273 n'est pas particulièrement conforme à l'esprit évangélique !

3 - Pour cesser d'agir comme un souverain tout court…

Pour donner de la crédibilité à ce retour aux sources, en imaginant le Christ parmi nous, vous pourriez considérer, Saint-Père, de fermer toutes vos ambassades dans les quelque 170 pays où elles sont situées, et de confier aux Conférences épiscopales de chaque pays ou de chaque continent le soin de représenter l'Église auprès des pouvoirs publics, tout en vous réservant le droit d'arbitrage normal pour l'évêque de Rome, dans son rôle éventuel de représentant de tous les chrétiens.

Vous pourriez vendre tous les châteaux où sont logés vos diplomates, donner l'argent aux populations qui meurent de faim. Voilà qui serait vraiment dans l'esprit de l'Évangile. Vous auriez aussi beaucoup de limousines à vendre et des hommes de talent à recycler dans des tâches plus spirituelles. Aujourd'hui, comme lors du passage du Fils de Dieu sur la terre, il est opportun de rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu, ce qui appartient à Dieu. Incidemment, le recyclage des diplomates ecclésiastiques pour en faire des pasteurs pourrait, dans certains cas, être long !

4 - Pour cesser d'être un souverain absolu …

J'en arrive à la chose la plus difficile à faire. Elle est pourtant essentielle si vous ne voulez pas que le pape demeure un monarque des temps révolus. Car vous l'êtes actuellement, en raison du serment de fidélité exigé des évêques, des curés et des doyens des Facultés de théologie, serment qui les oblige à penser comme le pape, et à parler comme le pape… en tout point ! Votre prédécesseur s'est assuré qu'il couvrait de cette chape de plomb tous les évêques, anciens et nouveaux, en inscrivant au droit canon un " motu proprio " qui force au silence tous ceux qui ne pensaient pas comme lui, comme s'ils avaient prêté le serment. Pour l'honneur de l'Église, il y eut quelques braves qui osèrent la liberté dans la foi. Celle que vous réclamiez pour vous-même et pour vos collègues théologiens en 1969 ! Sauf erreur de ma part (ce qui serait bien possible), cette législation demeurera en vigueur aussi longtemps que vous ne décréterez pas un moratoire sur son application ou simplement son dépôt aux archives. Imaginez l'impact sur tout l'épiscopat catholique et sur les évêques des autres confessions. Là, la porte serait vraiment ouverte pour parler de collégialité et pour redéfinir le fameux " primus inter pares ". En quelques années d'un dialogue sérieux, vous auriez défini la collégialité qui n'a eu de sens que le temps d'un concile. Et vous auriez fait un grand pas vers l'unité de toutes les Églises chrétiennes.

Quant à débarrasser Rome des poussières impériales, selon la savoureuse expression du pape Jean XXIII, pourquoi ne suggérez-vous pas aux cardinaux et aux évêques de remettre leurs robes pourpres ou violettes à des troupes de théâtre et de prendre l'habitude de se revêtir, soit du" clergy man " soit d'un vêtement coutumier, pour les hommes, dans leur pays d'origine ? La croix pectorale suffit pour identifier la fonction. Par ailleurs, je ne le dis pas par flatterie, je crois vraiment que la soutane blanche convient très bien au pape. Elle ressemble à la bure d'un dominicain ou d'un bénédictin qui a choisi un meilleur couturier que la moyenne !

Vous aurez sûrement noté qu'aucune des mesures proposées jusqu'ici n'affecte un dogme ni n'entre en contradiction, je l'espère, avec l'esprit des Évangiles. Il s'agit plutôt de la culture ecclésiastique. Qui vieillit très mal. Comme la plupart des choses qui prennent de l'âge !

5 - Il faudrait peut-être abandonner une certaine obsession de votre prédécesseur

L'Église (la hiérarchie de l'Église) s'est toujours présentée comme la meilleure gardienne de la loi naturelle. Malheureusement, cette prétention n'est pas supportée par les faits. La longue liste des " péchés de la chair " qui figure au Catéchisme officiel, publié en 1992, et le traitement qu'on lui accorde, n'est acceptée à peu près, par personne. C'est là que réside la farouche résistance des fidèles à la confession individuelle. On pourrait remplir une bibliothèque de bonne taille avec les nombreux ouvrages qui traitent des abus de pouvoir commis au confessionnal.

Le célibat ecclésiastique est un sérieux handicap pour l'Église dans sa catéchèse sur le mariage. La sexualité, elle, est à l'origine de la vie, et la meilleure façon de l'aborder, ce n'est pas sous l'angle du péché mais sous celui de l'amour, de l'épanouissement des êtres humains et de leur bonheur. L'une des merveilles de la création, c'est le phénomène de la sexualité, présent dans le règne végétal, animal et humain. Et le créateur a voulu que dans le cas des humains, dotés d'un cerveau plus développé que tout autre être vivant, la sexualité soit aussi plus développée. L'expression " deux dans une seule chair " est très significative. Un couple qui réussit son mariage est véritablement transformé par l'amour. La relation affective et charnelle est le lien le plus solide qui permet un partage de toutes les autres expériences : parentales, culturelles, professionnelles. Pour que cette transformation de " deux personnes en une seule chair " soit possible, la nature a voulu que l'attrait sexuel soit constant chez les humains plutôt que périodique, comme chez les animaux. Aussi longtemps qu'elle n'aura pas opéré une sérieuse révision de sa pastorale du mariage, et cela ne saurait venir avant l'abandon du célibat obligatoire pour l'accès aux ministères ordonnés, l'Église doit renoncer à la confession individuelle. Le culture ecclésiastique qui prévaut depuis des siècles rend le dialogue entre prêtres et fidèles généralement impossible sur ce thème. La rareté des prêtres est un autre facteur qui milite fortement en faveur de l'absolution collective aussi longtemps que ces deux facteurs n'auront pas évolué. Ce serait jouer à l'autruche que de faire abstraction de ces situations de fait.

6 - Pour cesser d'être un souverain absolu, ne pourriez-vous pas changer le mode de fonctionnement des synodes des évêques ?

Depuis leur création, ces rencontres ont été tenues dans un contexte très étrange :

1. Le pape assiste, mais ne dit pas un mot.

2. Les évêques peuvent s'exprimer, mais ne sont pas appelés à voter sur des propositions précises.

3. Les conclusions des synodes sont rédigées par des fonctionnaires du pape et expriment SA pensée ! Tout cela est à revoir, si vous ne voulez pas demeurer un monarque absolu. Dans une première étape, on pourrait prévoir d'adopter les règles de procédures courantes dans toutes les assemblées délibérantes, mais accorder un droit de veto au pape, s'il se retrouvait en profond désaccord avec le vote majoritaire.

7 - Le programme de votre visite au berceau de l'Église au Canada

Nous aurons le plaisir de vous recevoir, particulièrement à Québec, à l'occasion du 400e anniversaire de la fondation de l'Église en Nouvelle-France. Dès son arrivée à Québec, le cardinal Ouellet s'est empressé d'annoncer l'organisation d'un congrès eucharistique international, et votre visite à cette occasion. Un budget de quelque douze millions de dollars est déjà prévu. J'ai ouï dire que la proposition originale quant à ce congrès émanait, non pas de l'archevêché, mais de la mairie. On y voit l'occasion d'attirer plusieurs milliers de touristes ? N'étant pas du diocèse de Québec, je ne connais pas le reste du programme, s'il y en a un ? J'aurai l'audace de vous suggérer de vous en informer. Il y a au Québec, plus particulièrement dans l'immense diocèse de Québec, des problèmes pastoraux fort sérieux. Je ne crois pas qu'un congrès eucharistique va régler quoi que ce soit, sinon les finances municipales ! Vous pourriez plutôt profiter de cette occasion pour développer votre propre programme de visite " pastorale ". Quel avenir a l'Église au Québec ? Quelles devraient être les priorités pastorales ? Un évêque d'un autre diocèse, à qui j'écrivais récemment qu'il y avait un " mur " entre l'Église et la société m'a répondu textuellement ceci : " La cloison est effectivement assez élevée entre les évêques et plusieurs de nos compatriotes appartenant à la classe des intellectuels, des universitaires, plusieurs théologiens, des personnes impliquées dans les médias. En somme qui contribuent à influencer l'opinion de la " rectitude ". Il n'a pas parlé des jeunes qui se tiennent aussi à distance. Croyez-moi, Saint-Père, en dehors de la ville de Montréal, grâce aux immigrants qui sont plus pratiquants, plus solidaires dans leurs communautés particulières et aux immigrantes qui sont beaucoup plus fertiles que les Canadiennes-françaises de souche, le christianisme est en voie de marginalisation à la vitesse grand V au Québec. J'ai demandé des statistiques sur les taux de pratique religieuse, et sur l'âge moyen du clergé. Pour l'ensemble du Québec, ces renseignements ne sont pas disponibles. Je vous suggère de les demander vous-même en prévision de votre visite. Si vous pouviez consacrer la majeure partie de votre temps au Québec à discuter de ce type de problème, je crois que ce serait un immense avantage pour l'Église. La Ville de Québec pourrait organiser ses finances autrement !

Lors d'une véritable visite pastorale, l'on passerait en revue les défis du rajeunissement de ces communautés chrétiennes menacées par le vieillissement, voire même par une mort prématurée ? Vous poursuivriez au Québec l'approche amorcée en Australie, l'approche du nouveau pape : faire face, partout où il passe à la situation de l'Église locale, voir en quoi les stratégies pastorales de l'Église pourraient être modifiées pour tenir compter des cultures locales car l'Église, en réalité, n'est pas constituée de millions de croyants anonymes et identiques, mais plutôt de petites communautés immergées dans un contexte social et culturel particulier, parfois presque unique et souvent en rapide mutation. Ce sont ces petites équipes, souvent menacées de disparaître parce qu'elles sont devenues inadaptées, que l'évêque de Rome doit aider à survivre. Qu'il doit aider aussi à se rapprocher des autres communautés chrétiennes issues des schismes anciens. S'il n'est pas immergé dans des situations concrètes, l'évêque de Rome ne pourra pas diriger efficacement les membres du Collège épiscopal vers l'union, dans leur diversité, de toutes les familles chrétiennes, petites et grandes. Dans le contexte d'une chrétienté vieillissante et menacée de perdre pied dans le monde moderne, les échanges fraternels sur les meilleurs moyens d'assurer la pérennité de la foi et de la culture chrétiennes sont plus opportuns que les grands spectacles qui cachent la réalité plus qu'ils ne la révèlent.

8 - Une Église à rebâtir

Je réalise que l'ensemble des propositions que je vous ai soumises constitue un programme assez considérable. C'est qu'il est urgent de donner espoir et confiance aux Églises locales qui sont en péril. Vous possédez tous les pouvoirs nécessaires pour agir rapidement. Par exemple, vous pourriez offrir aux évêques où le manque de prêtres est dramatique et où les fusions de paroisses sont loin de régler tous les problèmes (en particulier, celui de l'âge moyen très élevé des pratiquantes et pratiquants), la possibilité de créer de petites communautés de base, orientées particulièrement vers le groupe des 18 à 35 ans.

L'expérience de ces petites communautés de base pourrait en fait amorcer une restructuration de l'Église, au Québec et dans plusieurs autres régions du monde où l'écroulement des structures paroissiales place les diocèses dans la situation précaire d'un édifice dont les fondations sont croulantes. Les jeunes de 18 à 35 ans sont la grande priorité. C'est sur eux que repose l'avenir de l'Église. Pour l'instant, ils se tiennent plutôt à l'écart. En général, ils ne sont pas prêts à revenir à la pratique religieuse, surtout pas dans leur église paroissiale, devenue un club de l'âge d'or ! [1]

Mais la culture chrétienne couvre de nombreux centres d'intérêt. Qu'on pense à l'histoire de l'art : peinture , musique, architecture, littérature…

La prière aussi, située dans un contexte différent de la messe paroissiale. Et le bénévolat, que le vieillissement rapide de la population va rendre de plus en plus nécessaire. Tous ces aspects de la tradition chrétienne présentent un intérêt pour des jeunes en milieu de travail, en milieu sportif, en milieu étudiant. Si l'Évêque qui a à sa disposition des personnes, hommes ou femmes, qui ont reçu une formation appropriée et qui ont déjà une expérience minimale dans l'action pastorale leur offrait la possibilité d'agir comme " ministre " mandaté de l'une de ces communautés d'une douzaine de personnes, formée sur la base de l'amitié et de l'intérêt commun pour un volet de la culture chrétienne, cela permettrait de tenter une percée en milieu étudiant et en milieu de travail : hôpitaux, bureaux, usines, et de vivre, le temps venu, des célébrations eucharistiques… ce pourrait être le point de départ d'une reconstruction. Des centaines de petites communautés de base de ce genre dans tous les milieux où la chose était possible auraient pu être mises sur pied avec une fraction des quelque cinquante millions de dollars engloutis, à l'instigation du Vatican, dans les JMJ de Toronto ? Il est grand temps que notre Église révise ses priorités pastorales.

Certes, le problème global des ministères ordonnés est plus complexe et exigera sans doute la tenue d'un synode spécial des évêques diocésains, présidé par vous. Serait-il concevable, pour éviter les affrontements improductifs, que seuls les évêques issus de pays qui favorisent, parce qu'ils en ont un besoin urgent, d'ordonner à la prêtrise des hommes mariés et des femmes, mariées ou non, participent à ce débat ? Pourquoi l'Église serait-elle tenue d'avoir le même type de ministère dans des milieux qui sont culturellement aux antipodes ? Je sais que c'est une question délicate. Mais faudra-t-il attendre, pour régler ce problème, que l'Église soit disparue des milieux où il est maintenant intolérable de ne pas reconnaître, dans les faits, l'égalité de l'homme et de la femme ?

Ce n'est pas parce que l'Église est orientée vers l'éternité qu'elle peut se permettre d'être archaïque dans ses structures et dans ses modes d'opérations. Votre prédécesseur était charismatique mais très autoritaire. Il a parlé abondamment, mais avait peu de talent pour l'écoute. L'Église a grandement besoin d'être entendue. Je vous souhaite la patience du Christ à cet égard.

Je viens d'apprendre que vous avez fait ériger sur la Place Saint-Pierre une immense statue du fondateur de l'Opus Dei. Vous n'êtes pas sans savoir que ce nouveau saint ne bénéficie pas d'une vénération universelle. Puis-je suggérer, Saint-Père, que vous demandiez que l'on établisse un certain équilibre en érigeant un monument, au moins aussi impressionnant, à la mémoire de Jean XXIII, pape qui a donné à l'Église son dernier concile, au sein duquel vous avez joué un rôle jugé positif par les observateurs de l'époque.

Vous êtes le 265e pape. Il y en aura bien d'autres après vous. Mais, au-delà des tendances pastorales et théologiques des papes, il n'y a qu'un seul Christ. Nous ne sommes pas des papistes, nous sommes des chrétiens. Ils ne le diront ou ne l'écriront pas tous, mais je suis convaincu que beaucoup de croyants comptent sur vous pour faire l'union de tous les chrétiens dans une même communion, dans le respect de la liberté de conscience des uns et des autres. C'est aussi vrai aujourd'hui que ce l'était au temps du Christ. La foi ne peut naître et survivre que dans la liberté. Sans elle, il n'y a que soumission et dépendance. Si l'on remonte à l'Église primitive, on constate que Paul a été un soutien essentiel pour Pierre. Sans son insistance sur la liberté des Gentils au sujet de la circoncision, l'Église aurait été limitée à la Palestine !

Aujourd'hui, le monde est bien plus complexe qu'il l'était au temps du Christ. Les cultures sont infiniment plus variées. Toutes les femmes, tous les hommes qui peuplent la terre sont appelés au royaume de Dieu, sans avoir à devenir identiques culturellement. C'est pourquoi l'évêque de Rome a besoin de tous les " Paul " dont il dispose : les évêques diocésains, successeurs des apôtres.

J'espère avoir l'honneur de vous serrer la main lors de votre séjour chez nous.

Respectueusement vôtre, Jean-Paul Lefebvre c.c. aux membres de l'épiscopat du Québec

Réactions de trois évêques du Québec

J'ai reçu des commentaires fort encourageants de trois évêques du Québec en réponse à ma lettre au pape. Avec leur permission, je crois qu'il est opportun, avant de convier mes lecteurs à une longue réflexion sur le thème de La liberté dans la foi de leur soumettre les commentaires de ces trois descendants des apôtres, que je remercie du fond du cœur de leur témoignage.

*** " Merci de m'avoir fait parvenir une copie de la lettre que vous avez adressée au pape Benoît XVI. Elle témoigne d'une foi profonde en même temps que de votre inquiétude à l'égard du présent et de l'avenir de votre Église. Je souhaite que votre lettre soit lue attentivement à Rome, car elle traduit le sentiment de plusieurs fidèles québécois. "

-Bertrand Blanchet Évêque de Rimouski


" Vous décrivez avec justesse la situation de l'Église dans les pays occidentaux, les interventions de la curie romaine, annihilant les prises de position des évêques locaux, plus près des vrais besoins du peuple.

Vous insistez avec raison sur la révision des règles qui régissent l'ordination des ministres actuels. Vous insistez aussi sur une révision du pouvoir romain : décentralisation et respect du principe de subsidiarité. Vous prenez aussi position sur une foule d'autres thèmes qui mériteraient d'être étudiés.

En terminant, j'aimerais ajouter que plusieurs sujets, comme l'ordination des femmes, devraient être étudiés dans un concile où les évêques devraient être aussi libres que l'étaient les évêques au Concile Vatican II. Aux synodes actuels, comme vous le soulignez, la présence d'un Pape silencieux qui semble évaluer les interventions et qui se réserve le message final, paralyse les prises de position courageuses. Seuls quelques évêques vont oser prononcer une parole prophétique. Où est la vraie consultation ? Et surtout où est la vraie démarche pour établir un consensus ? "

-Charles Valois Évêque émérite de Saint-Jérôme

"Comme membre de l'Église, vous avez le droit et même le devoir de vous exprimer, comme vous l'avez fait. Vous savez de quoi vous parlez. Je ne suis pas sûr, toutefois, que votre lettre aboutira sur le bureau du Pape. Je souhaite toutefois ce miracle. Je me suis adressé quelques fois à des cardinaux de la Curie romaine pour signaler des abus ou demander de reconsidérer certaines situations. Je l'ai fait comme membre du Collège épiscopal. J'ai eu droit à des accusés de réception et des formules polies signifiant: "Nous sommes au courant, nous nous en occupons", autrement dit: ce sont nos affaires. "


L'auteur de ce dernier témoignage a préféré demeurer anonyme mais son témoignage souligne un l'un des problèmes qui est au cœur du déclin de notre Église : la centralisation de l'autorité et de l'initiative au Vatican, ce qui rend impuissants les successeurs des apôtres dans leur diocèse.

Incidemment, je n'avais pas sollicité de commentaires des évêques à ma lettre au pape, mais je suis très heureux d'en avoir reçu. Cette tribune ne saurait être ouverte au public, pour des raisons administratives (la charge de travail que cela impliquerait pour moi), tous les membres de l'épiscopat sont invités à contribuer à cette réflexion où ils sont les premiers concernés, et, à vrai dire, les premiers responsables. Comme je prêche la liberté dans la foi, les témoignages contraires au mien sont les bienvenus… à la condition de ne pas dépasser quelques pages.


L'Église peut-elle et doit-elle s'adapter au monde moderne ?

Elle le pourrait facilement si sa hiérarchie n'était pas prisonnière d'un pouvoir et d'une tradition ecclésiastiques plutôt qu'ecclésiale. La meilleure preuve que l'Église demeure une monarchie absolue est gravée dans le CODE DE DROIT CANONIQUE de 1983 et dans les nombreux décrets pontificaux qui ont force de loi. J'ai donné plus haut l'exemple du serment de fidélité qui s'applique même aux évêques qui ne l'ont pas prononcé parce qu'ils ont été nommés avant 1987.

Il faut absolument qu'un vent de " liberté dans la foi " souffle sur tout le Peuple de Dieu (ce qui comprend le pape, les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses… et les " simples fidèles "pour libérer l'Église de cette véritable " prison doctrinale et disciplinaire" où elle est enfermée. Le concile Vatican II, sous la pulsion du sage Jean XXIII, sans doute, avait interprété la notion d'infaillibilité en l'attribuant au pape…. mais aussi au Collège des Évêques et à tout le Peuple de Dieu ! À mon humble avis, cette définition modifiée devrait empêcher le pape seul de déterminer, de façon " infaillible ", que les femmes ne sauraient avoir accès au sacerdoce. En le faisant, il se tromperait…infailliblement ! Puisqu'il n'aurait certainement pas l'accord du Peuple de Dieu et qu'il risquerait de détruire l'Église dans un grand nombre de diocèses.

Je vous invite maintenant à lire, si vous ne l'avez déjà fait, les 120 pages de réflexions sur LA LIBERTÉ DANS LA FOI auxquelles ont contribué : un évêque, plusieurs théologiennes et théologiens et deux " simples laïcs ", dont votre serviteur. JPL

 

 

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