:

 

Discerner  Ignace de Loyola

  -paraboles.html

7003-teillard.html

7004-dieu-m-aime.html

7005-intercession.html

7006-discerner-ignace.html

7007-non-violence.html

7008-souffrance-consacre.html

7010-reincarnation.html

7011-autorite.html

7012-que-laisserons-nous.html

7013-relativite.html

7014-adoration.html

7015-heritage.html

7016-ignorer-le-pauvre.html

7017-liberte-luther-king.html

7018-infaillibilite-hans-kung.html

7019-ministeres.html

7020-Spiritualite-Psychologie.html

7021-tradition.html

7023 dons-esprit. Pape François

7050-chants.html

7101-demon.html

7102-diable-de-diable.html

 

 

 Ignace de Loyola

Principe et fondement

L'homme est créé pour louer, révérer et servir Dieu et par là sauver son âme,

et les autres choses sur la terre, sont créées pour l'homme, et pour l'aider dans la poursuite de la fin pour laquelle il est créé.

D'où il suit que l'homme doit user de ces choses dans la mesure où elles l'aident pour sa fin et qu'il doit s'en dégager dans la mesure où elles sont, pour lui, un obstacle à cette fin.

Pour cela il est nécessaire de nous rendre indifférents à toutes les choses créées, en tout ce qui est laissé à la liberté de notre libre-arbitre et ne lui est pas défendu; de telle manière que nous ne voulions pas, pour notre part, davantage la santé que la maladie,la richesse que la pauvreté, l'honneur que le déshonneur, une vie longue qu'une vie courte et ainsi de suite pour tout le reste, mais que nous désirions et choisissions uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés.

indifférence:

prendre du recul par rapport à toutes les réalités auxquelles on se sent attaché,peser les forces contraires avec suffisamment de liberté et se mettre en position de délibération. C'est un exercice de liberté qui consiste à débusquer les attaches et à libérer le désir qui ne peut se satisfaire qu'en Dieu seul et dans l'accomplissement de sa volonté.

Préambule pour faire élection: (choisir)

"En toute bonne élection, dans la mesure où cela dépend de nous, l'oeil de notre intention doit être simple,regardant uniquement ce pour quoi je suis créé: pour la louange de Dieu notre Seigneur et le salut de mon âme. Aussi, quelle que soit la chose que je choisisse,elle doit m'aider en vue de la fin pour laquelle je suis créé, sans ordonner ni soumettre la fin au moyen, mais le moyen à la fin.

Il arrive,par exemple, que beaucoup choisissent en premier lieu de se marier, ce qui est un moyen,et en second lieu de servir Dieu notre Seigneur dans le mariage, alors que servir Dieu est la fin; de même, il en est d'autres qui veulent posséder des bénéfices (c'est à dire devenir clerc pour les toucher ) et, ensuite, y servir Dieu .De la sorte ceux là ne vont pas droit à Dieu, mais à leurs affections désordonnées; par conséquent,ils font de la fin un moyen et du moyen une fin, de sorte que ce qu'ils devraient mette en premier, ils le mettent en dernier."

Première manière pour faire une saine et bonne élection ( choix ).

1° Me représenter la chose sur laquelle je veux faire élection, comme par exemple une charge ou un bénéfice à prendre où à laisser,où tout autre chose qui relève d'une élection révocable.

2 ° Il est nécessaire d'avoir pour objectif la fin pour laquelle je suis créé: louer Dieu notre Seigneur et sauver mon âme; en outre, je dois me trouver indifférent, sans aucune affection désordonnée, de sorte que je ne soit pas incliné ni porté davantage à prendre la chose envisagée qu'à la laisser, ni davantage à la laisser qu'à la prendre. Mais que je sois au milieu, comme l'aiguille d'une balance, afin de suivre ce que je sentirai être davantage à la gloire et à la louange de Dieu notre Seigneur et au salut de mon âme.

3° Demander à Dieu note Seigneur qu'il veuille mouvoir ma volonté et mettre en mon âme ce que je dois faire, au sujet de la chose envisagée, qui soit davantage à sa louange et à sa gloire, en réfléchissant bien et fidèle ment avec mon intelligence et en choisissant conformément à sa très sainte et bienveillante volonté.

4° Considérer, en réfléchissant, combien d'avantages et de profits découlent pour moi du fait d'avoir la charge ou le bénéfice envisagé, pour la seule louange de Dieu et le salut de mon âme; et à l'inverse, considérer de même les désavantages et les dangers qu'il y a à les avoir

5° Après avoir ainsi parcouru le sujet et réfléchi à tous les aspects de la chose envisagée, je regarderai de quel coté la raison incline davantage. C'est donc d'après la plus forte motion de la raison, et non d'après quelque motion des sens, qu'il faut faire le choix concernant la chose envisagée.

6° Cette élection ou ce choix étant fait, celui qui l'a fait doit, avec beaucoup d'empressement, aller à la prière devant Dieu et lui offrir cette élection, afin que sa divine majesté veuille bien la recevoir et la confirmer, si tel est son plus grand service et sa plus grande louange."

Le Seigneur confirme par la paix, la joie. Sinon la décision est-elle mûre?

Deuxième manière: distanciation, déparasitage

1° " Que cet amour qui me meut et me fait choisir telle chose, descende d'en haut, de l'amour de Dieu, de sorte que celui qui choisit sente d'abord, en lui, que l'amour plus ou moins grand qu'il porte à la chose qu'il choisit est uniquement pour son Créateur et Seigneur": déparasitage

2° " Imaginer un homme que je n'ai jamais vu ni connu et moi, désirant pour lui une totale perfection, considérer ce que je lui dirais de faire et de choisir pour une plus grande gloire de Dieu et une plus grande perfection de son âme; et moi, faisant de même, j'observerai la règle que j'établis pour autrui" :Distanciation

3° Considérer comme si j'étais à l'article de la mort, la façon de procéder et la norme que je voudrais avoir suivies dans la manière de faire la présente élection; puis, me réglant sur elle, prendre définitivement ma décision.

4° Regarder et considérer comment je serai au jour du jugement et penser comment je voudrais alors avoir pris ma décision au sujet de la chose présente; la règle que je voudrais alors avoir suivie, l'adopter maintenant pour que je sois alors dans un bonheur et une joie totale.

5° la prière : présenter à Dieu mon choix.


Règles de discernement spirituel: 
première série:

1° Chez ceux qui vont de péché mortel en péché mortel, l'ennemi a l'habitude, en général, de leur proposer des plaisirs apparents: il leur fait imaginer des jouissances et des plaisirs des sens, pour mieux les conserver et les faire croître dans leurs vices et leurs péchés. Chez ceux-là, le bon esprit utilise une manière de faire inverse: il les aiguillonne et mord leur conscience par le jugement moral de la raison.

2° Chez ceux qui se purifient intensément de leurs péchés et qui , dans le service de Dieu, s'élèvent du bien vers le mieux, c'est la manière de faire inverse de celle de la première règle. Car, alors, le propre du mauvais esprit est de mordre, d'attrister et de mettre des obstacles, en inquiétant par de fausses raisons pour qu'on n'aille pas plus loin. Et le propre du bon esprit est de donner courage et forces, consolations, larmes, inspirations et quiétude, en rendant les choses faciles et en écartant tous les obstacles pour qu'on aille plus avant dans la pratique du bien.

3° De la consolation spirituelle. J'appelle consolation quand se produit dans l'âme quelques motion intérieure par laquelle celle-ci en vient à s'enflammer dans l'amour de son Créateur et Seigneur, et quand ensuite, elle ne peut plus aimer aucune des choses créées sur la face de la terre pour elle-même, mais seulement dans le Créateur de toutes ces choses.

De même, quand elle verse des larmes qui la portent à l'amour de son Seigneur, soit à cause de la douleur ressentie pour ses péchés ou pour la passion du Christ, soit pour d'autres choses droitement ordonnées à son service et à sa louange. En définitive, j'appelle consolation tout accroissement d'espérance, de foi et de charité, et toute allégresse intérieure qui appelle et attire aux choses célestes et au salut propre à l'âme, l'apaisant et la pacifiant en son Créateur et Seigneur.

4° De la désolation spirituelle. J'appelle désolation tout le contraire de la consolation, comme par exemple, obscurité ( cécité ) de l'âme, trouble intérieur, motion vers les choses basses et terrestres, absence de paix venant de diverses agitations et tentations qui poussent à un manque de confiance; sans espérance, sans amour, l'âme se trouvant toute paresseuse, tiède, triste et comme séparée de son Créateur et Seigneur.

Car de même que la consolation est à l'opposé de la désolation, de même les pensées qui proviennent de la consolation sont à l'opposé des pensées qui proviennent de la désolation.

5° Au temps de la désolation ne jamais faire de changement, mais être ferme et constant dans les résolutions et dans la décision où l'on était le jour qui a précédé cette désolation, ou dans la décision où l'on était pendant la consolation précédente. Car, de même que dans la consolation c'est davantage le bon esprit qui nous guide et nous conseille, de même dans la désolation c'est davantage le mauvais: avec ses conseils, nous ne pouvons prendre le chemin pour réussir.

6° Bien que dans la désolation nous ne devions pas changer nos résolutions premières, il est profitable de faire énergiquement des changements contre cette même désolation; par exemple, en insistant davantage dans l'oraison ou la méditation, en s'examinant avec soin et en donnant,d'une manière convenable, plus de place à la pénitence.

7° Celui qui se trouve dans la désolation considérera comment le Seigneur, pour l'éprouver, l'a laissé à ses facultés naturelles, afin qu'il résiste aux diverses agitations et tentations de l'ennemi; car il le peut avec le secours divin qui lui reste toujours,même s'il ne le sent pas clairement. En effet, si le Seigneur lui a retiré sa grande ferveur, son immense amour et sa grâce intense, il lui reste cependant la grâce suffisante pour le salut éternel.

8° Celui qui se trouve dans la désolation travaillera à demeurer dans la patience, qui est à l'opposé es vexations qui lui surviennent; et il pensera qu'il sera vite consolé, s'il prend les moyens pour lutter contre cette désolation, comme cela a été dit dans la sixième règle.

9° Il y a 3 causes principales pour lesquelles nous nous trouvons désolés.

La première, c'est que nous sommes tièdes, paresseux ou négligents dans nos exercices spirituels; ainsi c'est à cause de nos fautes que la consolation spirituelle s'éloigne de nous.

La deuxième, pour nous faire éprouver ce que nous valons et jusqu'où nous allons dans son service et sa louange sans un tel salaire de consolations et de grâces.

La troisième, pour nous donner véritable savoir et connaissance en sorte que nous le sentions intérieurement de ce qu'il ne dépend pas de nous de faire naître ou de conserver une grande dévotion, un amour intense, des larmes, ni aucune autre consolation spirituelle, mais que tout est don et grâce de Dieu;et aussi pour que nous ne fassions pas notre nid chez autrui, exaltant notre esprit en un orgueil ou une vaine gloire qui nous attribuent à nous mêmes la dévotion ou les autres formes de consolation spirituelle.

10° Celui qui se trouve dans la consolation pensera à la façon dont il se comportera dans la désolation qui viendra plus tard, prenant de nouvelles forces pour ce moment là.

11° Ce qui est consolé cherchera à s'humilier et à s'abaisser autant qu'il lui est possible, en pensant au peu dont il est capable au temps de la désolation, sans cette grâce ou consolation. A l'inverse, celui qui se trouve dans la désolation pensera qu'il peut faire beaucoup avec la grâce suffisante pour résister à tous ses ennemis, en prenant des forces dans son Créateur et Seigneur.

12° L'ennemi se comporte comme une femme: il est faible quand on use de la force et quand on le laisse faire. En effet, c'est le propre de la femme, quand elle se querelle avec un homme, de perdre courage et de prendre la fuite quand l'homme lui tient tête résolument; mais à l'inverse, si l'homme commence à fuir en perdant courage, la colère, la vengeance et la férocité de la femme deviennent immenses et sans limites. ( écrit en 1540!)

De même, c'est le propre de l'ennemi de faiblir et de perdre courage, de fuir avec ses tentations, lorsque celui qui s'exerce dans les choses spirituelles tient tête résolument aux tentations de l'ennemi, faisant diamétralement l'opposé. A l'inverse, si celui qui s'exerce commence à avoir peur et à perdre courage lorsqu'il subit des tentations, il n'y a pas sur la face de la terre bête aussi féroce que l'ennemi de la nature humaine pour poursuivre son intention maudite avec une si grande malice.

13° Il se comporte également comme un amoureux frivole, désirant rester dans le secret et ne pas être découvert. En effet, lorsqu'un homme frivole tient des propos mal intentionnés et sollicite la fille d'un bon père ou l'épouse d'un bon mari, il désire que ses paroles et ses insinuations restent secrètes. Au contraire, il lui déplaît fort que la fille découvre à son père ou l'épouse à son mari ses paroles frivoles et son intention dépravée, car il en déduit aisément qu'il ne pourra réussir dans l'entreprise commencée.

De même quand l'ennemi de la nature humaine vient à l'âme juste avec ses ruses et ses insinuations, il souhaite et désire qu'elles soient reçues et gardées secrètes. Mais quand celle-ci les découvre à son bon confesseur ou à une autre personne spirituelle qui connaît ses tromperies et ses mauvaises actions, il en est très dépité. Car il en conclut qu'il ne pourra réussir dans l'entreprise perverse qu'il a commencée, parce que ses tromperies évidentes sont découvertes.

14 ° Il se comporte également comme un chef de guerre voulant vaincre et dérober ce qu'il désire. En effet, un capitaine et chef d'armée en campagne, après avoir établi son camp et examiné les forces ou le dispositif d'un château, l'attaque par l'endroit le plus faible.

De même, l'ennemi de la nature humaine fait sa ronde, examine en particulier chacune de nos vertus théologales, cardinales et morales; et c'est là où il nous trouve plus faibles et plus démunis pour notre salut éternel, qu'il nous attaque et essaie de nous prendre.

Deuxième série

1 ° C'est le propre de Dieu et de ses anges de donner, dans leurs motions, la véritable allégresse et joie spirituelle, en supprimant toute tristesse et trouble que l'ennemi suscite. Le propre de celui-ci est de lutter contre cette allégresse et cette consolation spirituelle, en présentant des raisons apparentes, des subtilités et de continuels sophismes.

2 ° C'est seulement à Dieu, qu'il appartient de donner à l'âme une consolation sans cause précédente; car c'est le propre du Créateur d'entrer, de sortir, de produire en elle une motion, l'amenant tout entière à l'amour de sa divine Majesté. Je dis: sans cause, c'est à dire, sans que, préalablement, elle ne sente ou ne connaisse quelque objet grâce auquel cette consolation pourrait venir par le moyen de ses actes de l'intelligence et de la volonté.

3 ° Avec cause, le bon ange aussi bien que le mauvais peuvent consoler l'âme, mais à des fins contraires: le bon ange pour le profit de l'âme, afin qu'elle crisse et s'élève du bien vers le mieux; et le mauvais ange, pour le contraire, et afin de l'entraîner à l'avenir dans son intention maudite et sa perversité.

4 ° C'est le propre de l'ange mauvais, qui se transforme en ange de lumière, d'entrer dans les vues de l'âme qui lui est fidèle et de sortir avec les siennes, c'est à dire en présentant des pensées bonnes et saintes, en accord avec cette âme juste, et ensuite, d'essayer peu à peu de faire aboutir les siennes en entraînant l'âme dans ses tromperies et ses intention perverses.

5 ° Nous devons être très attentifs au déroulement de nos pensées. Si le commencement, le milieu et la fin sont entièrement bons et entièrement orientés vers le bien, c'est le signe du bon ange. Mais si le déroulement des pensées qui nous est présenté aboutit à quelque chose de mauvais, ou qui détourne du bien, ou qui est moins bon que ce que l'âme s'était auparavant proposé de faire, ou encore qui affaiblit, inquiète ou trouble l'âme en lui enlevant la paix, la tranquillité et la quiétude qu'elle avait auparavant, c'est le signe clair que cela vient du mauvais esprit, ennemi de notre progrès et de notre salut éternel.

6° Quand l'ennemi de la nature humaine aura été senti et reconnu à sa queue de serpent et à la fin mauvaise vers laquelle il entraîne,il est profitable, pour celui qui a été tenté par lui, de regarder ensuite le déroulement des pensées bonnes qu'il lui a présentées et leur commencement, puis comment peu à peu, il a essayé de le faire descendre de la suavité et de la joie spirituelle où il était, jusqu'à l'entraîner dans son intention dépravée. Ainsi, par expérience connue et notée, on se gardera à l'avenir de ses tromperies habituelles.

7 ° Chez ceux qui vont de bien en mieux, le bon ange touche l'âme doucement, légèrement et suavement, comme une goutte d'eau qui pénètre dans une éponge. Mais le mauvais la touche de façon aiguë, avec bruit et agitation, comme lorsque la goutte d'eau tombe sur la pierre. Chez ceux qui vont de mal en pis, ces mêmes esprits les touchent d'une manière opposée. La cause en est que la disposition de l'âme est opposée ou semblable à celle de ces anges. En effet, quand elle leur est opposée, ils entrent avec fracas, en frappant les sens de façon perceptible. Mais quand elle est semblable, ils entrent en silence, comme chez eux, portes ouvertes.

8 ° Quand la consolation est sans cause, il n'y a pas de tromperie en elle, puisque, comme on l'a dit, elle vient seulement de Dieu. Cependant la personne spirituelle à qui Dieu donne cette consolation doit regarder et distinguer avec beaucoup de vigilance et d'attention le temps même de cette consolation présente et le temps qui suit, où l'âme reste toute brûlante et favorisée du bienfait reçu et des suites de la consolation précédente.

Souvent, en effet, dans ce second temps, soit par notre propre raisonnement qui fait des liaisons et des déductions à partir de nos idées et de nos jugements, soit du fait du bon esprit ou du mauvais, nous concevons divers projets et diverses opinions qui ne sont pas données immédiatement par Dieu. C'est pourquoi il est nécessaire de les examiner très attentivement avant de leur donner entier crédit et de les mettre à exécution.

oeuvres complètes: Ignace de Loyola : Écrits, Desclee de Brouwer, collection Cristus  

Accueil


index.htm

 AUTRES SITES

biblethora
civisme.politique
Coran Islams
La fin du monde
Religions